La Tête Humaine - G. Civardi
Anatomie et morphologie, pointues…
La tête, plus compliqué à dessiner qu’on ne le pense
Tout d’abord il faut bien comprendre la différence entre morphologie et anatomie. L’anatomie se réfère surtout à une vision médicale du corps, très précise. On va aller profondément dans le corps, jusqu’à étudier les éléments internes qui n’ont pas obligatoirement un intérêt dans la forme visible, extérieure.
Par exemple il est intéressant de connaître la forme d’un crane car elle est utile dans le dessin de la tête. Mais inutile de savoir quelle est la forme d’une rate (à moins de dessiner Walking Dead !).
Vous avez beaucoup de livres qui s’intitulent « anatomie pour artiste » et vous connaissez certainement les fameux dessins de Léonard De Vinci, et il est plus intéressant de s’intéresser à des livres qui affichent « morphologie » dans leur titre. La morphologie se préoccupe des formes que nous voyons, est c’est ce qui nous intéresse dans le dessin.
Ce livre est très précis en ce qui concerne l’anatomie ET la morphologie
C’est rare d’avoir un livre qui aille aussi loin dans l’étude du corps. Ce que l’on peut d’ailleurs d’ailleurs trouver exagéré. Car Civardi adore donner des chiffres, des angles, des statistiques. À la fin du livre l’auteur explique même comment pratiquer une autopsie !
À la recherche du nombre d’or dans le visage ?
La mise en page du livre est assez sèche, mais j’ai pris le temps de tout lire. Je ne peux pas dire que je me rappelle de ce que j’ai lu dans le détail…
Néanmoins on est ici loin des standards, c’est à dire que contrairement à la plupart des livres (pas les miens !) où l’on donne UNE façon de dessiner un visage masculin, ou au mieux un masculin et un féminin, on va cette fois montrer la diversité des têtes humaines.
Des exemples précis sur le dessin des lèvres.
Comment utiliser ce livre ?
Plutôt que d’essayer d’apprendre par cœur toutes les notions du livre, je vous conseille de l’utiliser autour d’un seul sujet à la fois. Par exemple de prendre les pages sur les yeux. Puis de recopier les dessins, en vous posant des questions sur les différences entre ce que vous recopiez et vos façons habituelles de représenter tel ou tel élément.
Arrêtez-vous sur tel ou tel détail, qui peut vous sembler insignifiant, mais qui fera que les visages que vous dessinerez maintenant auront beaucoup plus de personnalité. Il y a des dessinateurs de BD que j’aime mais qui retombent toujours sur seulement quelques “visages archétypes”.
Différence entre “idéal esthétique” et “automatisme”
Bien sûr on peut avoir des idéaux esthétiques. Si l’on regarde les tableaux de De Vinci, on voit qu’un certain type de visages revient, que ce soit d’ailleurs des visages masculins ou féminins. Des visages souvent ovoïdes et emprunts de douceur. Comme dans ce tableau,Saint Jean Baptiste :
Wikipedia communs
Mais je vous invite à rechercher les “dessins grotesques” de Léonard. J’ai eu la chance de les voir dans une exposition, et j’en parle dans ma vidéo sur Richard Corben. Là on voit à quel point l’artiste sait “s’amuser” avec la morphologie humaine, en la déformant. Donc quand De Vinci dessine ou peint son idéal de beauté, c’est un choix. Et en tant qu’artiste ce que l’on dessine doit être un choix, pas le produit d’automatismes dus à nos propres limitations.
Wikipedia Communs. Étude de cinq têtes grotesques.
C’est par exemple le genre d’exercices que je fais en dessinant des têtes “ex nihilo”, en cherchant à casser mes habitudes, à faire des têtes qui me surprennent, car elles ne viennent pas “naturellement” sous mon crayon.
Allez, un dernier exemple des “équations” donnés par notre ami Giovanni Civardi :
Des segments et des visages
L’auteur a écrit d’autres livres autour du dessin du corps, des paysages, etc. Mais je ne possède que celui-ci. Et notez qu’il a fréquenté des années l’académie de médecine, ce qui explique en partie son goût pour la précision.
En résumé :
Un livre très précis, une “bible” pour certains, qui a les défauts de ses qualités et qui n’a pas une mise en page particulièrement moderne, avec de longs texte en colonne.
Des mesures sur le moindre détail d’une tête.
À utiliser de façon ponctuelle pour acquérir plus de connaissances, quelque soit le style que l’on envisage. Un excellent manuel pour sortir de ses habitudes.
Un livre qui s’adresse plutôt à des personnes ayant déjà une pratique régulière du dessin. Je ne crois pas que le livre soit le meilleur outil pour débuter, et ce n’est pas un livre à offrir à un enfant non plus à cause de son approche très académique sur le plan pédagogique.